L'expression de la foi - Pr P. Péchoux

30 avril 2020 - 1380 vues
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J’aimerai aujourd’hui citer trois personnes. Les deux premières sont de grands auteurs français, nées au début du 20ème siècle, à un an d’intervalle. L’une est André Malraux qui a dit « une vie de vaut rien mais rien ne vaut une vie. » la deuxième est Jacques Prévert qui a dit : « j’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant. »

Je connais ces citations depuis la fin de mon adolescence, à cet âge où tout semble possible et que l’on se sent un peu immortel… A les entendre, j’apprenais à la fois que la vie était précieuse mais qu’hélas, il était possible de ne pas être conscient du privilège du moment présent : « j’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il a fait en partant. »

Nous sommes confrontés à une situation mondiale très particulière dont nous ne connaissons  encore ni l’issue ni pleinement la gravité. La pandémie, le confinement font pour moi le bruit du bonheur qui s’en va, les semaines passent et des gens que je connaissais ne sont plus là.

Vous ne connaissez peut-être pas la troisième personne que je veux citer. Adèle Babut, la sœur ainée d’Adolphe Monod, pasteur et théologien français du 19 ème siècle. Elle écrit à ce frère, tiraillé par ses doutes sur Dieu. Adèle vient de perdre son troisième enfant mais elle veut partager à son frère son espérance de croyante. Ces paroles, que je vais vous partager, sont pour moi parmi les plus belles jamais écrites. Je n’y vois aucun fanatisme mais l’expression magnifique de ce que nous appelons la foi. Que ces paroles puissent être source de réflexion pour chacun et que Dieu vous bénisse :

Qu’elles sont déchirantes ces angoisses par lesquelles je viens encore de passer! (…) J’ai pensé à toi (…) cher Adolphe. (…) Si ma fille, dans sa mort, pouvait te prêcher avec plus d’éloquence, avec plus de conviction, que tous ceux qui ont cherché jusqu’à présent à te faire du bien, ah! je sens combien il serait vrai de dire que le jour de sa mort a mieux valu que le jour de sa naissance! (…) Adolphe, cher Adolphe, donne-lui ton cœur, aime Dieu pour le bien qu’il me fait, en attendant que tu l’aimes pour celui qu’il te fera à toi-même, quand tu iras à lui avec humilité et simplicité de cœur.