11 avril 2026 - 5 vues
J’accuse, cet article, est une lettre ouverte au président de la IIIe République, Félix Faure. Zola dénonce dans cet article la condamnation au bagne pour trahison de l’officier juif Alfred Dreyfus. L’impact de cet article amènera à la révision du procès suivant et à la réhabilitation totale de Dreyfus en 1906.
C’est dans le cadre de cette affaire Dreyfus que, probablement sous la plume d’Anatole France, apparaît en 1900 le mot xénophobe. Le mot est donc créé pour l’occasion à partir de deux mots grecs : xéno, qui signifie étranger, et phobe, qui signifie peur. Xénophobe : la peur de l’étranger, qui amène le rejet de l’autre.
Pourquoi rappeler cet événement historique pour traiter de l’hospitalité ? Il m’a semblé intéressant d’aborder cette valeur par son contraire, la xénophobie. Ainsi, en grec, hospitalité se dit philoxénia : amour de l’étranger, qui est exactement le contraire de xénophobie, peur de l’étranger. On retrouve dans ce mot grec philoxène la racine xenos, l’étranger dont nous avons parlé, et philo, beaucoup plus connu dans notre langue, qui veut dire ami. Plusieurs mots de la langue française sont formés à partir de cette racine, comme philanthrope, qui veut dire à la base ami de l’être humain. Et même si en français notre mot hospitalité est d’origine latine, l’affiliation perdure : hébergement gratuit des étrangers, des pèlerins, des indigents. Voilà quelle est l’origine du mot hospitalité.
Contrairement à d’autres valeurs, comme la douceur par exemple, qui peut être un état, l’hospitalité est spécifiquement une action, l’acte d’accueillir l’autre. Sujet ô combien sensible, car si je veux être fidèle à l’origine du mot et prendre le mot étranger au sens propre, parler de l’hospitalité m’amène à parler de graves problèmes : les réfugiés de toutes sortes qui voudraient venir en France, que ce soit les réfugiés politiques, économiques, ou très bientôt beaucoup plus nombreux, les réfugiés climatiques.
Réfléchissons-nous dans notre quotidien à la façon dont nous pourrions vivre l’hospitalité ?
Je comprends qu’il soit très difficile demain d’accueillir chez soi une famille de Syriens. Mais n’y a-t-il pas des manières beaucoup plus simples d’être dans l’hospitalité ? Par exemple, autant il me serait plus que compliqué d’accueillir des migrants plusieurs semaines ou plusieurs mois chez moi, autant, si l’occasion se présentait, il serait relativement facile d’inviter une famille d’étrangers pour partager un repas dans ma cuisine ou ma salle à manger. C’est à réfléchir.
Et puis, même si ce que je veux dire est un peu bateau, notre propre voisin de palier, ou tout du moins d’immeuble, de rue ou de quartier, n’est-il pas devenu dans nos sociétés un véritable étranger ? Ainsi, en revenant à la définition du mot, dois-je restreindre l’hospitalité à la notion d’étranger au sens strict du terme ?
Alfred Dreyfus, dont nous parlions, était tout ce qu’il y a de français, juif certes — et je le dis car clairement c’était une affaire antisémite — et il était bien français. Il finira lieutenant-colonel de l’armée française.
Ainsi, dans le mot xénophobe, le plus interpellant n’est peut-être pas le mot étranger, mais le mot peur. La difficulté de l’accueil de l’autre n’est pas une affaire de rejet de l’étranger, mais souvent une simple peur de l’autre.
Pour finir, je pense qu’il peut être profitable à chacun de réfléchir à comment être un petit peu plus hospitalier. Il y aurait peut-être un simple exercice à pratiquer, qui ne prendrait guère plus de cinq minutes : simplement faire une pause, essayer de se rappeler les fois où quelqu’un a su nous accueillir dans sa maison, pour un repas par exemple. J’ai fait cet exercice, et mon exemple est tout simple — mais il ne va pas me rajeunir. C’est à l’époque, somme toute passée, lointaine, où il n’y avait pas de téléphone portable et peu de cabines téléphoniques à la campagne. Je prends cet exemple justement parce qu’il fallait, en cas de panne de voiture en rase campagne, presque obligatoirement aller sonner à la première ferme pour pouvoir passer un coup de téléphone. Cela peut nous sembler très éloigné de l’accueil de l’étranger, mais en fait pas tant que ça.
Une des scènes de jugement les plus célèbres de la Bible est celle que nous trouvons dans le chapitre 25 de l’Évangile de Matthieu. Jésus, dans cette scène, complimente les personnes qui sont venues lui donner à manger, à boire, les personnes qui lui ont donné un toit ou des vêtements. Ces dernières interrogent Jésus pour savoir quand est-ce qu’elles ont accompli tout cela, car en fait elles ne l’avaient jamais rencontré physiquement.
Et alors Jésus leur répond : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »
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